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Acheter · À plusieurs

Acheter à plusieurs : copropriété simple ou indivision

Acquérir un bien à plusieurs, sans être mariés ni liés par un partenariat enregistré, est une situation de plus en plus courante sur la Riviera vaudoise : couples en concubinage, frères et sœurs, ami·es qui unissent leurs moyens pour accéder à la propriété. Cette configuration n'a rien d'exceptionnel, mais elle appelle une réflexion juridique que le mariage ou le partenariat enregistré rend en partie superflue, puisque ces statuts offrent un cadre légal déjà structuré.

Deux régimes principaux permettent de détenir un bien à plusieurs personnes physiques en dehors de la propriété par étages : la copropriété, où chacun détient une part définie et cessible, et la propriété commune ou indivision, où le bien appartient à tous sans répartition en parts distinctes. Le choix entre ces deux régimes, et la rédaction d'une convention adaptée, se préparent avant la signature de l'acte, pas après.

Copropriété : une part définie, une part cessible

Dans le régime de la copropriété (parfois appelée copropriété ordinaire), chaque acquéreur est titulaire d'une quote-part du bien, exprimée en fraction — par exemple une moitié, un tiers, ou toute autre répartition convenue entre les parties. Cette quote-part n'est pas un simple chiffre théorique : elle donne à son titulaire un droit réel sur le bien, qu'il peut en principe céder, transmettre ou grever d'une hypothèque de façon indépendante, sans devoir obtenir l'accord des autres copropriétaires pour ces actes portant sur sa seule part.

Ce régime offre une certaine souplesse individuelle, mais il implique aussi que des tiers créanciers d'un seul copropriétaire puissent, dans certaines circonstances, agir sur la part de celui-ci. La gestion courante du bien commun — entretien, décisions relatives à l'usage — suit des règles de majorité qui dépendent de la nature de la décision, les actes les plus importants nécessitant généralement l'accord de tous. C'est un point que le notaire précisera lors de la rédaction de l'acte d'acquisition.

Propriété commune (indivision) : un tout indivis

La propriété commune, ou indivision, repose sur une logique différente : les personnes concernées possèdent le bien comme un tout, sans répartition en parts distinctes et cessibles séparément. Ce régime est le plus souvent rencontré dans des situations d'hoirie, lorsque plusieurs héritiers reçoivent un bien immobilier en commun à la suite d'une succession, mais il peut aussi être choisi délibérément par des acquéreurs qui souhaitent structurer leur achat de cette manière, généralement sur la base d'un contrat de société simple ou d'un autre lien reconnu par la loi.

En indivision, les décisions relatives au bien requièrent en principe l'accord de l'ensemble des propriétaires communs, et aucun d'entre eux ne peut disposer librement d'une part individuelle puisque, par définition, une telle part n'existe pas de façon distincte. Cette exigence d'unanimité, protectrice à certains égards, peut aussi devenir un point de blocage si les copropriétaires communs ne parviennent plus à s'entendre — une réalité à anticiper dès l'achat plutôt qu'à découvrir en cours de route.

Pourquoi les couples non mariés doivent y prêter une attention particulière

Le droit suisse organise, pour les couples mariés et les partenaires enregistrés, un ensemble de protections automatiques en matière de régime matrimonial et de succession. Les concubins, eux, ne bénéficient d'aucun droit héréditaire automatique l'un envers l'autre : en l'absence de dispositions prises de leur vivant, un concubin survivant n'hérite pas de la part de son partenaire décédé, quelle que soit la durée de la vie commune. Cette réalité juridique, souvent méconnue, doit être prise en compte dès la réflexion sur l'acquisition d'un bien commun.

Il en résulte que la question du sort du bien en cas de décès, de séparation, ou simplement de désaccord entre les parties ne peut pas être laissée à l'improvisation. Les outils existent pour organiser cette protection — dispositions testamentaires, pacte successoral, clauses contractuelles entre copropriétaires — mais ils supposent une démarche volontaire et personnalisée, qu'un notaire ou un avocat spécialisé est le mieux placé pour évaluer au regard de la situation de chacun.

La convention entre co-propriétaires : un document à ne pas négliger

Au-delà du choix entre copropriété et indivision, l'établissement d'une convention écrite entre les personnes qui achètent ensemble constitue une étape que nous recommandons systématiquement d'aborder avec un professionnel du droit. Ce document vient compléter le cadre légal en précisant, noir sur blanc, comment les parties entendent régler les situations qui peuvent survenir au fil du temps : que se passe-t-il en cas de séparation, qui a la priorité pour racheter la part de l'autre, selon quelles modalités, et dans quel délai.

Une convention bien construite aborde aussi la question des apports financiers initiaux, lorsque ceux-ci ne sont pas strictement égaux entre les parties — un apport personnel plus important d'un côté, par exemple, peut justifier des clauses spécifiques de remboursement ou d'ajustement en cas de revente. Ces éléments financiers précis relèvent du travail du notaire et, selon la complexité de la situation, d'un avocat ou d'une fiduciaire, qui sauront proposer des clauses adaptées plutôt que des solutions standardisées.

Le financement hypothécaire à plusieurs

Lorsque plusieurs personnes non mariées empruntent ensemble pour financer un achat immobilier, les établissements bancaires examinent la situation de chacun des emprunteurs et raisonnent en règle générale en termes de solidarité : chaque co-emprunteur peut être tenu responsable de la totalité de la dette envers la banque, indépendamment de sa quote-part réelle dans le bien. Ce principe de responsabilité solidaire mérite d'être bien compris avant la signature, car il ne se limite pas à la part que chacun détient dans la propriété.

Les modalités précises d'octroi, les conditions retenues et la répartition interne de la charge hypothécaire entre les co-emprunteurs sont des questions financières qui doivent être discutées directement avec l'établissement prêteur et, pour les aspects contractuels entre les parties elles-mêmes, formalisées dans la convention évoquée plus haut. Nous ne sommes pas en mesure de conseiller sur les taux ou les montants applicables à une situation donnée : ces éléments relèvent du dialogue entre les acquéreurs, leur banque, et si nécessaire une fiduciaire.

Anticiper avant la signature, pas après

La structuration juridique d'un achat à plusieurs se prépare en amont de la signature de l'acte, et non une fois le bien acquis. C'est en amont que le choix entre copropriété et indivision peut être pesé au regard de la situation concrète des acquéreurs, que la convention entre co-propriétaires peut être rédigée avec le recul nécessaire, et que les questions successorales ou de solidarité hypothécaire peuvent être abordées sereinement, sans la pression d'un délai de signature déjà fixé.

Nous accompagnons les personnes qui achètent à plusieurs sur la Riviera vaudoise et le canton de Vaud dans la recherche et la transaction du bien, en les orientant, dès que la situation le justifie, vers les notaires et, pour les questions financières ou successorales plus spécifiques, vers les avocats ou fiduciaires en mesure de les conseiller précisément. Cette coordination en amont évite bien des difficultés qui, sinon, n'apparaissent qu'au moment où elles sont les plus délicates à résoudre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre copropriété et indivision pour un achat à deux ?

En copropriété, chaque acquéreur détient une quote-part définie qu'il peut en principe céder ou hypothéquer de façon indépendante. En indivision (propriété commune), le bien appartient à tous sans répartition en parts distinctes, et les décisions importantes requièrent généralement l'accord de l'ensemble des propriétaires communs.

Un concubin hérite-t-il automatiquement de son partenaire en cas de décès ?

Non. Contrairement aux couples mariés ou aux partenaires enregistrés, les concubins ne bénéficient d'aucun droit héréditaire automatique l'un envers l'autre en droit suisse. Des dispositions spécifiques, comme un testament ou un pacte successoral, doivent être mises en place de leur vivant pour organiser une protection, ce qu'un notaire ou un avocat peut préciser selon la situation.

Faut-il obligatoirement rédiger une convention entre co-propriétaires ?

Ce n'est pas une obligation légale systématique, mais nous le recommandons dans la quasi-totalité des situations d'achat à plusieurs personnes non mariées. Cette convention permet d'anticiper les scénarios de séparation, de décès ou de désaccord, et d'éviter que ces questions ne se règlent dans l'urgence.

Comment la banque considère-t-elle plusieurs co-emprunteurs non mariés ?

Les banques raisonnent en règle générale en termes de responsabilité solidaire : chaque co-emprunteur peut être tenu pour l'intégralité de la dette envers l'établissement prêteur, indépendamment de sa quote-part dans le bien. Les modalités précises doivent être discutées directement avec la banque concernée.

À quel moment faut-il consulter un notaire ou un avocat pour ce type d'achat ?

Idéalement avant la signature de tout acte, dès que le principe d'un achat à plusieurs personnes non mariées se dessine. Cela laisse le temps de choisir le régime de propriété le plus adapté et de rédiger une convention réfléchie, plutôt que de devoir composer avec un cadre juridique improvisé après coup.

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